Le jeu des sept différences

J’avais commencé à gribouiller un petit quelque chose au sujet des interventions, très remarquées, des Césars édition 2021. J’avais parlé de l’édition 2020 dans un billet (courtoisement publié par la lettre du musicien), en demandant si les Victoires de la Musique auraient droit à leur Florence Foresti…

Les jours passant, il m’a semblé évident que les réactions, dans la presse et ailleurs, à ces interventions, étaient encore plus intéressantes. En plus, cela m’évite de plonger dans l’impossible mélasse du « pour ou contre la vulgarité », et comme c’est gratuit, je prends.

Car vous l’aurez remarqué…On en parle, de ces Césars. Les photos tournent, les déclarations, les phrases chocs, cherchez pas, il n’y aura pas sept différences c’était pour le titre. Il y en a une, MAJEURE, qui en vaut mille : le monde du cinéma a prouvé, une fois de plus, que malgré ses gargantuesques défauts, il était un monde VIVANT. Avez-vous entendu parler des Victoires de la Musique classique, plus de deux jours après ? Non. Parce que c’était mort.

Je ne me lancerai pas dans l’exercice ô combien périlleux – et très mal payé – de recenser les interventions que j’ai trouvées admirables et celles qui m’ont gonflé, pour préférer la queue de comète.

On aurait dû en rester au divertissement, voilà sans doute la phrase qui résume une bonne partie des réactions à cette cérémonie. On en revient toujours à ça, comme pour la musique classique, finalement, l’art devrait rester dans son coin poussiéreux, car il est là pour « nous élever » au-dessus de ce monde des hommes tout caca, on n’est pas là pour faire de la politique non plus, beurk !

Cela rappelle quelques spectateurs à l’Opéra, ne manquant pas de finesse mais n’ayant rien compris à la place de l’art, lorsque mécontent d’une mise en scène un peu politique, crient invariablement dans la salle « qui c’est qu’a la télécommande » (au point que je me suis parfois demandé si ce n’était pas à chaque fois le même spectateur ayant sa loge permanente).

Il est intéressant de noter que ce on aurait dû rester dans le divertissement est très souvent porté par des actrices, des acteurs, ou des personnalités devenues un peu molles avec l’âge et/ou le succès

La différence, majeure disais-je, avec le monde de la musique classique, c’est que les travailleurs du monde du cinéma, célèbres ou pas, ne se laissent pas abuser par cette injonction. Ils sont vivants et, « vulgaires » ou « dignes », ont parfaitement compris, EUX, l’intérêt politique d’une si belle mise en abîme : se mettre en scène, sur scène, pendant la remise des Césars.

Certes, ils sont acteurs professionnels, on ne peut pas tous l’être. Et alors ? On peut être musicien classique ET vivant, non ? Je sais, je sais, l’idée est choquante.

En ce qui me concerne, entre le duo Bern/Chiche et l’allégorie de la crotte de chien de Marina Foïs, mon choix est vite fait. Et vous ?

Sébastien Renaud, pour Convergence des Luths

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