Remue-ménage

Les quelques publications concernant les abus de position dominante de certain.es professeur.es, notamment en ce qui concerne les cours particuliers et le harcèlement sexuel, ont suscité un assez grand nombre de réactions. Beaucoup se sont montré.es touché.es et se sont reconnu.es dans ces témoignages. Mais il y a eu une vague de déni assez importante. Pourtant, ces deux témoignages ont eu un effet boule de neige, encourageant d’autres personnes à raconter leur expérience. La page « Paye ta note », la chaîne Pecdemus ont aussi amené leur contribution à la libération de la parole. Qu’est-ce qui amène certain.es à nier l’évidence ? Je ne me l’explique pas.

Pourtant, d’autres affaires émergent. La dernière en date touche le CNSM de Paris. A ce stade, l’enquête débute et il faut bien évidemment rester prudent et respecter la présomption d’innocence. Le site musicologie.org à relayé l’information, et les commentaires n’ont pas tardé à arriver, mettant en garde contre les « fausses accusations », pouvant « briser les personnes injustement accusées » etc… Qu’est-ce qui motive ce genre d’arguments ?

Tout d’abord, exprimer une plainte, aller parler à la police, écrire des lettres de dénonciations, tout cela est très difficile pour les victimes, qui plongent au plus profond de leur traumatisme. Mais il apparaît quand même inconcevable pour certain.es qu’un musicien brillant puisse se livrer à des abus sur ses élèves. A tel point que certains continuent à nier des évidences, à propos de situations avérées et jugées. Comment expliquer cela ? Nous avons tou.tes, en tous cas beaucoup d’entre nous, déjà minimisé des situations de harcèlement ou d’abus auxquelles nous n’étions pas confronté·es directement. Maintenant que ces histoires refont surface, il est difficile d’assumer notre passivité. Et il est clairement établi que les professeurs, ou plutôt « maitres », sont des gens influents ayant un grand pouvoir et qu’il est normal qu’ils l’exercent. Beaucoup ne voient pas le mal qu’il y a à imposer des cours privés à des tarifs prohibitifs, ou à toucher la cuisse ou caresser la main d’un ou une élève. D’autres sont passé.es par là et n’en sont pas mort.es, ou alors « qu’est-ce que tu proposes à la place ? » sont les critiques les plus communes par exemple.

Et pourtant, et ce depuis longtemps, nous savons que les traumatisé.es, violenté.es, abusé.es subissent de grandes difficultés à construire leur vie. Et ont tendance pour certain.es à reproduire ces violences. 

Dickens, Hervé Bazin, Jules Renard, Hector Malot, Robert Musil et bien d’autres encore ont parlé de cela dans leurs livres. 

Si nous voulons vraiment remédier à toute cette violence sociale et physique, nous devons changer de paradigme. Écouter la parole et le ressenti des enfants, des adolescent.es, des victimes. Détricoter le mythe qui veut que bien jouer, ça implique de souffrir. La musique est une chose magnifique, plus grande que nous, et qui est souvent servie par de petites gens.

Convergence des Luths

3 commentaires sur « Remue-ménage »

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